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      Raffalli s'installe à Bo-Sieng avec son PC. De là, il fait manoeuvrer la compagnie Lemaire et ordonne à la CIPLE de Denoix de Saint-Marc de prendre un piton boisé sur lequel un élément viet gêne considérablement les mouvements du bataillon. Les combats vont tout durer toute l'après-midi, mais les Vietnamiens de la CIPLE ont finalement le dernier mot. Le 2e BEP occupe les villages dominant le village et la piste de Khau-Vac. Un silence profond remplace le vacarme des armes : Raffalli a perdu le contact radio avec le PC du lieutenant-colonel de Rocquigny. Celui-ci, inquiet, envoie le "8" à la rencontre du 2e BEP ; mais les parachutistes coloniaux sont bloqués à Tan-Kouen. Et toujours aucune Iiaison avec le 2e BEP. A Bo-Sieng, Raffalli s'est enterré en point d`appui et attend l'inévitable charge que ne va pas manquer de lancer le colonel Tan, commandant la 312. Le correspondant de Képi-Blanc a participé à ces journées des 6 et 7 octobre 1962 La bataille est engagée dans l'après-midi du 6 et, après plusieurs assauts, les viets sont délogés de leur position dominante. Refoulés, ils reviennent toute ta journée, en tas serrés, au coude à coude, et cela continue toute la nuit. Les armes crachent, tuent, meurtrissent.
     Lorsque les munitions sont épuisées, les engagements se poursuivent à la baïonnette, au poignard, aux poings. L'ennemi donne dans le plan il fait décimer ses plus beaux bataillons, ses brigades d'élite. La situation est délicate. Le 2e BEP compte 26 tués ou disparus et autant de blessés, qui s'ajoutent aux pertes précédentes. Toujours sans liaison radio, le commandant Raffalli décide de décrocher vers la crête de Tan-Kouen où croit-il l'attend le 8ème BCCP. A 4H30, le mouvement commence; les blessés a qui on impose silence, sont brancardés sous la responsabilité du capitaine-médecin Châtaigneau. Un seul SCR 300 dont l'opérateur envoie des messages en l'air, doutant de leur efficacité. Néanmoins, à 24 kilomètres de là, le transmetteur du 8e BCP accroche un message. "C'était inaudible ou presque raconte le colonel Bénazé, alors lieutenant commandant la 15e compagnie, haché et couvert par un feu violent et très proche. II fallait faire répéter plus de dix fois le même mot pour saisir tout le sens d'un dialogue émouvant et la réception du message a bien duré vingt minutes".

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